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Article technique
16. août 2018

Eau et développement

Repérer en Inde les nappes phréatiques contenant trop de fluorures

Les fluorures sont naturellement présents dans les nappes phréatiques. Ce n'est pas un problème en petites quantités, mais en Inde la concentration dépasse souvent le seuil d’innocuité pour la santé. Se basant sur de nouveaux modèles informatiques, des chercheurs de l’Eawag estiment que plus de cent millions de personnes sont concernées.

Un grand nombre de lacs et de fleuves indiens sont polluĂ©s. Leur eau est impropre Ă  la consommation et rend malade. C’est la raison pour laquelle de plus en plus d’Indiens pompent des quantitĂ©s d’eau sans cesse croissantes dans le sous-sol – de l’eau souterraine prĂ©sumĂ©e propre. Or, en maints endroits, cette eau est elle aussi polluĂ©e… aux fluorures. Ă€ doses excessives, ils nuisent Ă  la santĂ© et provoquent chez les personnes concernĂ©es des troubles de la croissance, des lĂ©sions dentaires et des dĂ©formations osseuses. Les fluorures pĂ©nètrent dans le sous-sol en grande partie du fait de l’érosion naturelle et s’accumulent dans les nappes phrĂ©atiques. Ă€ partir de 1,5 milligramme par litre, l’Organisation Mondiale de la SantĂ© (OMS) parle d’une concentration critique. Maintenant, des chercheurs de l’Eawag rĂ©unis autour du gĂ©ophysicien Joel Podgorski et collaborant avec des experts indiens ont mis en Ă©vidence que 120 millions d’individus vivent en Inde dans des rĂ©gions oĂą ce seuil de tolĂ©rance est dĂ©passĂ© dans l’eau souterraine. L’étude est parue cette semaine dans la revue spĂ©cialisĂ©e « Environmental Science and Technology Â». Elle a Ă©tĂ© cofinancĂ©e par la Direction du dĂ©veloppement et de la coopĂ©ration (DDC).

Au dĂ©part, plus de 13 000 mesures de fluorures

Dans le but de dĂ©terminer en Inde l’étendue des nappes phrĂ©atiques polluĂ©es aux fluorures, les chercheurs ont dĂ©veloppĂ© un modèle informatique Ă  l’aide de 13 000 mesures de fluorures disponibles. Ces donnĂ©es ont Ă©tĂ© recueillies dans toute l’Inde entre 2013 et 2015 par des collaborateurs du Central Ground Water Board. Ce modèle a intĂ©grĂ© des informations supplĂ©mentaires sur la gĂ©ologie, la topographie, la tempĂ©rature et la pluviositĂ©. RĂ©sultat : un modèle de prĂ©vision gĂ©ostatistique qui montre les zones oĂą le risque de dĂ©passement du seuil de concentration critique en fluorures dans les nappes phrĂ©atiques est le plus Ă©levĂ©.

Selon ce modèle, il existe surtout à l’ouest et au sud du pays beaucoup de zones qui pompent de l’eau probablement polluée aux fluorures. Les chercheurs ont combiné ce résultat à des données démographiques actuelles et ont calculé que près d’un Indien sur dix pouvait être concerné par des concentrations trop élevées en fluorures. Le géophysicien Podgorski souligne que la carte ne peut pas servir directement à déterminer les puits sains et les puits douteux, sa résolution étant pour cela insuffisante. En revanche, la carte des risques permet aux autorités locales de réaliser des analyses ciblées dans les zones à risques.

Etablir des cartes des risques

Les fluorures ne sont pas les seules substances Ă  poser problème dans les nappes phrĂ©atiques indiennes : arsenic gĂ©ologique aussi. C’est pourquoi les chercheurs voudraient Ă©galement Ă©tablir une carte des risques pour cette substance. « Avec une carte de risques, on n’est bien sĂ»r pas sortis d’affaire, mais les autoritĂ©s ont en mains une base essentielle pour effectuer des examens ciblĂ©s et dĂ©velopper Ă  l’avenir des stratĂ©gies pour l’eau Â», dĂ©clare JoelPodgorski.

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